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La ville d'Aragenua : une capitale romaine disparue

Vieux-la-Romaine, c'est l'histoire de la ville d’Aregenua, une capitale qui administra un des territoires de l'actuelle Normandie bien avant la naissance de celle-ci.

 

Vieux-la-Romaine est installée dans la commune de Vieux qui, il y a 2000 ans, était la ville romaine d’Aregenua, capitale du peuple des Viducasses. Créée au début du Ier siècle, elle compte quelques milliers d’habitants à son apogée, aux IIe et IIIe siècles, alors que Caen n’est encore qu’une bourgade. Pendant son apogée vers la fin du IIe siècle, la ville couvre une superficie de 35 à 40 hectares et abrite toutes sortes d’habitations, de la plus humble à la plus luxueuse. Ensuite, en dépit des travaux entrepris jusqu’au début du IVe siècle, la cité décline et s’engage dans un processus de ruralisation.

Plusieurs monuments publics, aujourd’hui recouverts, ont été identifiés : un ensemble thermal, un temple, un théâtre. Cette capitale romaine constitue un site exceptionnel pour le nord de la Gaule, par l’état de conservation des vestiges mobiliers et immobiliers, et par l’exemplarité d’une domus construite à l’identique des modèles méditerranéens, baptisée la Maison au Grand Péristyle. Elle atteste du degré d’acculturation romaine de l’élite des populations citadines gallo-romaines de la Normandie.  Les recherches archéologiques à Vieux ont commencé au temps de Louis XIV et font partie des plus anciennes fouilles entreprises en France.

Les monuments de la ville

La ville d’Aregenua, comme toute cité de l’Empire, présente des monuments publics, de nombreux quartiers d’habitat, d’artisanat et de commerce et un réseau de voies. C’est au sud de la ville, sur le rebord du plateau dominant la vallée de la Guigne que se situe le noyau primitif de la cité antique pourvu d’édifices publics. Le forum y est constitué d’une grande place publique, dotée de portiques et de boutiques et flanquée de bâtiments à vocation politique, judiciaire, commerciale et religieuse. A côté se trouvent les thermes monumentaux dont la construction et l’entretien sont assurés par Solleminus et son fils Titus Sennius Solemnis, riches notables viducasses.

Carte des vestiges antiques sur la commune de Vieux
Localisation des principaux vestiges archéologiques à Vieux
(photo aérienne, © Conseil général du Calvados, 2006)

Le village du haut Moyen Âge

À l’aube du VIIe siècle de notre ère, la ville antique d’Aregenua a fait place à deux petits hameaux installés en marge de l’ancien espace urbain qui ne devait plus être lui-même qu’un immense champ de ruines. Plus rien ne différencie désormais ces hameaux de tous les autres villages ruraux de la Plaine de Caen.

Les habitations sont bâties avec du bois, du torchis et du chaume. Elles sont regroupées à proximité de lieux de culte chrétiens, placés pour l’un sous l’invocation de Notre-Dame et pour l’autre sous celle de Saint-Martin. On voit se développer les inhumations auprès des églises, donnant ainsi naissance au triptyque église, habitat et cimetière qui compose encore aujourd’hui la physionomie des villages normands.

Les églises

Quelque part avant le XIVe siècle, probablement à la faveur d’une réorganisation administrative de l’Église, Notre-Dame de Vieux devient la seule église paroissiale. Saint-Martin devient une simple chapelle dont le cimetière est concédé à la communauté protestante de Vieux en vertu des dispositions de l’édit de Nantes à la fin du XVIe siècle.

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